LES HUITRES
L'ostréiculture française est fondée sur l'élevage
de 2 espèces d'huîtres :
la plate (ostrea edulis) et la creuse (crassostrea gigas) de forme allongée.
COQUILLE, LIGAMENT, ET MUSCLE ADDUCTEUR.
La coquille des huîtres est une petite bonbonnière de calcite et d'aragonite, formes cristallisées de carbonate de calcium.
Le couvercle est appelé valve supérieur, ou valve droite.
Dans le fond creux, appelé valve inférieur ou gauche, se trouve
le corps.
Les valves sont réunies par un ligament, qui fait charnière, et par un muscle adducteur
qui fait serrure. Le ligament tend constamment à entrebailler la valve supérieur, le muscle adducteur
à la fermer. Le muscle adducteur à une double action. Ses faisceaux
périphériques, d'aspect vitreux rabattent vivement la valve, qui se rouvre aussitôt.
Ses faisceaux internes, de couleur opale, la maintienne fermée, comme un
verrou, dés qu'un danger menace l'huître ou qu'elle se trouve hors de l'eau.
LE CORPS SOUS LE MANTEAU.
Le corps de l'huître est revêtu, dessus et dessous, d'un tissu conjonctif
recouvert d'une peau très fine, le manteau.
Chaque pan ou lobe du manteau, est bordé de 3 bourrelets.
Les bourrelets proches des valves secrètent celle-ci. Les bourrelets
médian ont un rôle sensoriel. Les bourrelets internes ménagent
une cavité que les branchies séparent en chambre inhalante et
chambre exhalante. Le volume d'eau passant par ces chambres va de 3 ou 4 lites à
plus de 20 litres par heure.
UN PEU DE PHYSIOLOGIE.
Dans l'estomac des huîtres, un stylet cristallin tourne vivement pour
triturer les aliments, et fond à mesure en libérant des sucs
digestifs. Il se résorbe chez l'huître qui jeûne.
Le coeur, visible contre le muscle adducteur, fait circuler un sang incolore
qui, passant par 2 reins, sort purifié des déchets qu'il a drainés
dans les tissus des différents organes.
A la période de reproduction, en été, on constate parfois,
en ouvrant une huître, qu'elle est laiteuse. C'est une huître qui
n'a pas encore évacuée ses oeufs - ou sa semence - selon son sexe.
LES HUITRES CHANGENT DE SEXE.
Alternativement mâles, puis femelles, les huîtres sont dites à
hermaphrodisme successif. Chez la plate, le changement s'opère après
chaque émission de produits génitaux. Tandis que chez la creuse, il
ne s'opère qu'après chaque saison de fécondité.
Par ailleurs, si l'émission de la semence mâle est la même
pour toutes les huîtres - dispersion dans le milieu marin - la ponte des
femelles diffère entre la plate et la creuse.
L'HUITRE PLATE EST VIVIPARE.
La plate femelle garde ses oeufs après les avoir pondus dans la chambre
inhalante. Ils y sont fécondés par la semence mâle qui
pénètre à la faveur du courant d'eau respiratoire et
alimentaire. Au bout de 8 à 10 jours, les oeufs devenus larves sont
expulsés. Les larves véligère (pourvu d'un voile) peuvent
mener une vie marine de 8 à 14 jours à la recherche d'un support.
L'HUITRE CREUSE EST OVIPARE.
La creuse femelle expulse ses oeufs non fécondés dans le milieu
marin dés qu'ils arrivent dans la chambre inhalante. Ils sont projetés
par de violents battements de la valve à plusieurs centimètres.
Leur fécondation par la semence mâle, est laissée à
la grâce des courants.
Mais la nature est prévoyante : si la plate vivipare ne libère
que 500.000 à 1.500.000 larves, la creuse ovipare pond de 20 à
100.000 millions d'oeufs! Heureusement, car sur ce nombre astronomique, il ne
survivra qu'une dizaine d'adultes...